Réponses aux arguments pour l'existence de Dieu
Les arguments présentés ici sont essentiellement ceux amenés sur wikipedia. Le titre de la preuve est en caractères gras, suivi de sa description. La réfutation est décalée vers la droite.
Voir également la page sur les raisonnements fallacieux.
Arguments psychologiques
Argument par de l'ignorance
Ce type d'ARUMF exploite une "faille", c'est-à-dire que nous n'avons pas réponse à tout, pour faire pénétrer une idée religieuse. Il se présente sous plusieurs formes :
- Type A: « Il existe un certain ordre dans l’univers n'est-ce pas? Pour que cette harmonie existe, il a bien fallu qu'un être supérieur l'organise. »
Réfutations :
Une harmonie? Dans ce cas le chef d'orchestre est un incompétent! Regarde-moi dans quel état est le monde! Ce à quoi le chrétien répond habituellement « C'est la faute des musiciens, pas du chef! » et on peut rétorquer « Le chef avait la possibilité de faire les musiciens meilleurs et il ne l'a pas fait. C'est donc bel et bien sa faute. »
Cela ne prouve rien. Pourquoi cette harmonie / ce phénomène serait-elle/il causé par le Dieu de la Bible? Pourquoi pas plusieurs dieux ou bien une grenouille géante ? Ou pourquoi doit-elle être causée par quelque chose ?
Êtes-vous certain de voir une harmonie dans le monde? Pouvez-vous prouver que cette harmonie existe bel et bien? Croyez-vous que votre dieu contribue à cette harmonie ou cherche-t-il plutôt à la détruire? Comment expliquez-vous la maladie, les malformations congénitales, les catastrophes naturelles?
que vaut la réfutation ?
l'argument de la faute du chef d'orchestre, i.e. est de la responsabilité de Dieu ne fonctionne qu'à l'encontre des chrétiens, lesquels pratiquent volontiers la théodicée. En ce qui concerne les religions non-chrétiennes, (e.g. : le judaïsme pour lequel Dieu est le créateur
et du bien
et du mal) cet argument ne réfute rien du tout quant à
l'existence de Dieu.
Ceci dit, l'argument chrétien de l'harmonie universelleest basé sur le philosophe Leibnitz. On conçoit que sur un forum, il soit facile de renvoyer dans ses cordes un chrétien évangélicaliste mais pour réfuter la monadologie de Leibnitz, il faudrait une argumentation un peu plus sérieuse basée sur des connaissances
- Type B: « Le phénomène X est inexpliqué. Cela ouvre la porte pour Dieu, non? »
- Type C: Le chrétien pose une question à laquelle on ne peut répondre et ajoute ensuite « Ah-ah! Tu vois, tu n'es pas certain de tout, donc tu dois admettre que j'ai peut-être raison! »
Réfutations :
Le fait que l'on ignore ce qui cause X ne veut pas dire que votre Dieu existe. Chaque siècle les causes d'un phénomène ou d'un autre sont découvertes alors qu'elles étaient expliquées par dieu avant. Cela arrivera aussi - fort probablement - au phénomène proposé ? Cela vous convaincra-t-il de ne plus croire en votre Dieu ?
que vaut la réfutation ?
Elle repose sur une confusion sémantique et sur une conception eschatologique.
1-Les découvertes scientifiques sur les causes des phénomènes ne réfutent pas Dieu mais les mythes à propos des phénomènes. On disait "Jupiter tonne" et on dit maintenant "deux masses nuageuses dotées d'une féroce différence de potentiel...." ; le poète continue de dire "Jupiter tonne" . Toutefois, la différence de potentiel dit-elle quoique ce soit de "l'existence de Jupiter" ? L'argument ne réfute donc rien du tout.
2-l'argument "la science répondra... " est un argument eschatologique. La Science, forme divinité du travail scientifique de chacune des disciplines des sciences dures, assume un rôle de sauveur qui, quand les temps seront venus, dans le futur, résoudra tous les problèmes de l'homme. En quelque sorte, c'est remplacer un dieu par un autre. L'injonction de conversion finale (Cela vous convaincra-t-il de ne plus croire en votre Dieu ?) est tout à fait analogue celle du missionnaire chrétien en milieu païen où la révélation des miracles supposés réalisés par Jésus (ici "la Science") suffit à provoquer la conversion.
L'attitude missionnaire n'est jamais une position de discussion équitable. Elle ne peut donc mener à un quelconque établissement d'une quelconque vérité.
Voir aussi Einstein?, Récupération idéologique?
Argument de Loki par le quasi-solipsisme
« Dieu est connu personnellement, donc sa connaissance est subjective. Je ne peux pas prouver quelque chose de subjectif. Donc si je pense que Dieu existe, il existe. »
Réfutations :
Suivant cette logique on peut dire tout et n'importe quoi. Suivez le culte batracien de
Grenouille !
que vaut la réfutation ?
Elle vaut ce que dit Schopenhauer à propos de l'usage des mots en -isme quand on ne sait quoi répondre à un interlocuteur sur lequel on veut avoir le dessus. Grosso modo, cela donne l'impression qu'on était déjà au courant et cela permet un élégant revers de manche. La réfutation ne réfute donc rien.
Argument par la connaissance cachée
Ici le croyant affirme (avec conviction) que sa foi lui offre une connaissance, une perception de la vérité qui est inaccessible au sceptique. On entendra par exemple : « Ouvre ton coeur à Dieu et la vérité t'apparaîtra. » C'est la "Foi". une superbe formulation de Desskis sur le forum LSD
Réfutations :
D'une absurdité extraordinaire... Reformulé en des termes plus clairs, cela donne : « Plonge dans l'endoctrinement, laisse nous de laver le cerveau et tu verras : Tu finiras par gober toi aussi tout ce à quoi on croit. »
Cette affirmation n'a évidement pas la moindre chance de convaincre l'athée, celui-ci se rendant compte que pratiquement toutes les religions et toutes les sectes utilisent le même argument. L'idée qu'il faut croire pour croire, et être aveuglément convaincu pour avoir la foi est une évidence mais n'implique en rien que la croyance concerne une quelconque vérité.
L'affirmation se retourne aussi aisément : « Laisse tomber ces dogmes et ces fadaises, embrasse la raison, et la vérité t'apparaîtra. »
Que vaut cette réfutation ?
Elle est réversible. Elle ne vaut donc pas grand chose. Se reporter à la position du missionnaire énoncée ci-dessus (Cela vous convaincra-t-il de ne plus croire en votre Dieu ?)
Toutes religions n'ont pas de dogme. On comprend que la proposition n'est pas formulée par quelqu'un qui a réfléchi à la question des religions, d'où sa faiblesse.
Il serait préférable de faire remarquer que connaissance et vérité ont plusieurs sens. Connaissance a longtemps été utilisé pour la transmission ésotérique des traditions religieuses. En sorte que le chrétien (ou tout autre croyant) qui parle de connaissance l'emploie dans ce sens tandis que l'athée l'emploie dans le sens acquis depuis les Lumières où la connaissance est un élément de savoir universellement reconnu.
Il en est de même pour le mot vérité. Pendant un grand bout de temps, tant que l'aristotélisme tient le haut du pavé, on pense qu'une fois qu'on a atteint la vérité, le plus souvent par la spéculation intellectuelle sans vérification expérimentale, elle est indépassable, en sorte que le progrès n'existe pas. (Cf. Charles Hartshorne, Omnipotence and other theological mistakes) Depuis les Lumières, la vérité est le résultat de dce qui se démontre par le raisonnement hypothético déductif et la vérification expérimentale. Ainsi se définit la vérité scientifique. On notera toutefois que ce genre de vérité récuse les sciences humaines dont les vérités ne peuvent s'établir par la reproductibilité expérimentale sauf in vivo.
Pour éclairer les diverses façons de concevoir tant la
vérité que la
connaissance, on peut se reporter à
L'invention du quotidien tome 2
Manières de croire de Michel de Certeau s.j.
Réfutation :
En fait, l'intérêt principal de cet argument n'est pas de convaincre l'athée, l'argument n'ayant aucune valeur, mais de raffermir la conviction du croyant par un appel au sentiment d'élitisme.
Que vaut cette réfutation ?
Appel au sentiment d'élitisme identique chez l'athée qui tente de ridiculiser
le croyant au nom de la supériorité de la raison qui, selon lui, n'appartient qu'à l'athéisme dans la tendance
"le progrès amène l'abandon de la religion"
À ce propos, vous pouvez également consulter l'excellent article
La pauvreté de la foi sur le site des sceptiques du Québec.
Dans une version un peu différence, le croyant affirme qu'il y a une autre méthode pour construire sa connaissance, l'expérimentation personnelle et subjective, tout aussi valide, mais qu'il faut pour cela rejeter la raison? et le scepticisme.
Que vaut cette réfutation ?
Pas grand chose : elle met tous les croyants dans le même sac et suppose que tous les adhérents de toutes les religions rejettent la raison comprise par ce courant de l'athéisme comme celle postérieure aux Lumières. Elle se base donc sur une méconnaissance de l'histoire des idées tout comme l'aristotélisme.
Réfutation :
L'affirmation est basé sur le postulat que la subjectivité de l'homme est fiable, ce qui est prouvé inexact par de fort nombreuses expérimentations.
Ce genre de raisonnement conduit à tout gober, on se met à devoir croire aux tablettes d'or des mormons et au monstre du Loch Ness, aux enlèvements extra-terrestres et à l'astrologie, à l'homéopathie et à la transmission de pensée, aux conspiration mondiales et au
Père Noël?...
Le croyant sera éventuellement tenté d'ajouter que l'expérience subjective est valide quand il s'agit de Dieu et pas dans les autres cas, ce qui un
double standard?. Ce qu'il tentera peut-être de corriger en spécifiant que "dieu ne veut pas tromper les hommes" ce qui est une
pétition de principe?
Que vaut cette réfutation ?
la subjectivité de l'homme est-elle absolument non fiable ? Si oui, aucun échange intellectuel entre individus n'est possible et les conceptions esthétiques n'ont pas lieu d'être. On tombe donc dans la
pétition de principe?.
La question du double standard est, en effet, un raisonnement fallacieux. Toutefois, quand PKJ considère que tout intervenant qui ne partage pas l'opinion majoritaire athée vandalise
son wiki s'il expose une évaluation des supposées réfutations, il s'agit bien d'une manifestation du
double standard?. Seule la qualité d'administrateur donne force de loi à la subjectivité de PKJ.
On comprend donc que l'éthique du débat ne doit pas être exigée d'une seule partie.
Argument moral par la crainte
« S'il n'y avait pas le christianisme, le monde sombrerait dans la déchéance! » (Très proche de l'argument philosophique moral, mais le croyant ajoute ici un appel à la peur et ne cherche plus à défendre un dieu philosophique)
Réfutations :
Qu'entends-tu par déchéance? Si pour toi "déchéance" signifie "pas chrétien", alors il est évident que sans le christianisme le monde serait dans la déchéance ! Mais il s'agit là d'une redéfinition abusive.
Si la seule raison pour maintenir le christianisme est la bonne morale, alors le christianisme est inutile puisqu'il est possible d'être un individu moralement correct sans croire en Jésus ou même sans avoir entendu parler de lui.
Que vaut cette réfutation ?
Pas grand chose : le sujet est preuves de l'existence de Dieu, que valent-elles ?. Cette proposition dérive sur les sources de la morale sociale. Elle omet que toutes les morales sociales spécifiquement celles de l'Occident ont le christianisme et/ou le judaïsme pour source. E.g. La déclaration des droits de l'homme, la première de 1776, comportait l'invocatio Dei
Les premières tentatives d'élaboration d'une morale indépendante (sous-entendu : des religions) furent l'oeuvre de 2 fidèles (à bien différencier de croyants), Elie Aristide Astruc, grand Rabbin de Bruxelles et Ferdinand Buisson qu'on ne présente plus.
La proposition supposée réfutante repose donc sur un solide
révisionnisme, lequel n'a jamais fait bon ménage avec l'esprit scientifique.
Réfutation :
Soyez raisonnable. La religion n'est pas, n'a jamais été, et ne sera jamais source de morale. C'est plutôt l'inverse ! La religion impose un ensemble de conduites, rétrograde, dégradant pour les femmes, destiné à culpabiliser les croyants par des ordonnances multiples qu'on finit toujours par transgresser.
Que vaut cette réfutation ?
L'auteur de cette affirmation gagnerait à lire Bergson dont les deux sources de la morale sont en ligne sur le site de l'UQUAM.
Réfutation :
J'ai plutôt l'impression que sans la religion, c'est votre système de valeur qui s'effondre. Puisque vous souhaitez que tous pensent et agissent comme vous, alors vous désirez également maintenir la croyance en Dieu.
Que vaut cette réfutation ?
Voici une proposition destinée à fabriquer du "nous contre les autres" en cela qu'elle suppose que le système de valeur de l'Occident serait celui des autres. Une morale minimale comme celle proposée par Kant dans son impératif catégorique exige de ne suivre que les principes ("maximes") qui peuvent être conçus ou voulus comme loi générale au sens le plus strict du terme. Quoique qu'il ne soit pas nécessaire de croire en Dieu (dans le texte ci-dessus, celui des chrétiens), la conception de la dignité de l'homme qui préside à cette élaboration est belle et bien chrétienne. Il n'y a donc pas de votre système de valeur supposé s'effondrer. La récusation de l'impératif catégorique n'a jusqu'ici produit que le nihilisme (Cf. Netchaiev)
Arguments "anthropologiques"
Argument du consensus universel
C'est un argument proposé par Cicéron (De natura deorum), suivant lequel la croyance universelle des peuples en quelque chose de divin est une preuve suffisante pour établir son existence. Dans ce cas, la minorité des non-croyants serait en leur défaveur : n'est-il pas plus raisonnable de penser qu'un grand nombre ne peut se tromper ?'''
Réfutations :
Tous ont déjà cru que la Terre était le centre de l'univers, or c'est faux. La popularité d'une croyance n'implique pas sa véracité. De plus, des religions, comme certaines variantes du bouddhisme, ne soutiennent l'existence d'aucun dieu. La force d'une opinion est précisément son universalité comme l'a dénoncé avec clarté le philosophe
Arthur Schopenhauer.
Que vaut cette réfutation ?
On est bien d'accord : le grand nombre n'est pas une preuve. Toutefois, cette réfutation est réversible.
- Le grand nombre d'athées et de sécularisés ne prouve pas qu'il n'y a pas de Dieu,
- le grand nombre de gens qui pensent que la raison (plusieurs sens à ce terme) apporte le progrès ne signifie pas que c'est le cas (quantité d'observations disponibles)
- etc...
Arguments "historiques"
Argument chrétien de la vie du Christ
L'existence de Jésus, (incarnation terrestre de Dieu descendu sur Terre pour racheter le péché de l'Homme) est bien la preuve que Dieu existe.
Réfutations :
L'
existence d'un christ historique? n'implique pas que Dieu existe. Comme l'existence de Claude Vorilhon n'implique pas que des extra-terrestres ont créé la vie sur Terre. De plus, l'existence d'un Jésus de Nazareth telle que décrite dans les évangiles demeure douteuse.
L'ajout entre parenthèses, formulé par certains croyants, pèche aussi par pétition de principe en ajoutant un postulat auquel seul le croyant adhère, puisqu'il requière déjà la croyance en Dieu, et que l'athée n'a donc pas à accepter.
Que valent ces réfutations ,
L'affirmation que l'existence historique de Jésus prouverait l'existence de Dieu est bien évidemment stupide. Toutefois, la thèse mythiste à laquelle renvoie la proposition l'existence de Jésus est douteuse est parfaitement révisionniste : les thèses mythistes ont été évaluées à 0 par Charles Guignebert dans son Jésus de 1934. Rappelons que Guignebert était athée. Les nouvelles thèses mythistes sont le fait d'autodidactes dilettantes ; elles reposent sur des manques de méthode historique (thèses francophones) voir des interprétations anachroniques d'expressions grecques (thèse de Doherty. L'ajout entre parenthèses est une affirmation doctrinale dont la vérité n'a cours que dans un petit milieu croyant, ce qui en limite érieusement la portée.
Argument par l'exactitude des récits de l'Ancien Testament
L'ancien testament (et le nouveau) fait référence à des événements historiques indiscutables. Il est donc évident que la Bible dit vrai, et que Dieu existe
Réfutations :
Le fait que les auteurs de la bible aient voulu mettre leur histoire en contexte dans des faits historiques n'a rien d'étonnant et n'est en rien une preuve. Le Da Vinci Code ou Star Trek font aussi référence à des faits historiques et ça ne prouve en aucun cas que c'est la parole de Dieu : C'est de la
fiction.
Par ailleurs, la bible, et particulièrement l'ancien testament, commet également sa part d'inexactitudes historiques, plaçant de grands empires là où n'existaient que des petites tribus, plaçant le déluge après la construction des pyramides ou décrivant des mouvements d'armées innombrables là où les documents historiques sérieux n'indiquent strictement rien. Voir à ce sujet les
erreurs historiques de la Bible?
Que valent ces réfutations ?
L'affirmation concernant les récits bibliques : c'est une fiction relève de la logique binaire. En français courant :Si ces récits ne sont pas mot à mot historiques, alors, ils sont totalement faux. Cette affirmation repose sur une singulière méconnaissance de la problématique. Il est remarquable que cette méconnaissance soit essentiellement le fait de l'athéisme francophone et beaucoup moins fréquent dans l'athéisme anglo-saxon. Cela est dû à la crise Moderniste (récusation vaticane de toute recherche historico-critique) qui a plus impacté les pays à dominante catholique que les pays multi-culturels.
L'affirmation d'erreurs historiques dans la bible nécessite de croire à la proposition précédemment récusée que l'AT serait quelque part un récit historique. Si l'AT n'est pas un récit historique au sens que nous donnons de nos jours à la science historique, on ne peut lui imputer des erreurs historiques. L'argument de la non historicité de la Bible ne prouve rien contre l'existence de Dieu. Il n'est qu'une critique doctrinale valide à l'endroit des adhérents eds églises inerrantistes ; les autres croyants ou fidèles, surtout anglo-saxons, savent parfaitement depuis 160 ans que la Bibel n'est pas un récit historique.
On peut, en revanche, rechercher les raisons pour lesquelles tel ou tel récit présente un grand empire là où se trouvait une cité état. C'est ce que font les ouvrages de vulgarisation de qualité comme La Bible Dévoilée de Finkelstein et Silbermann, Le Temps dans la Bible de Bordreuil et Briquel Chatonnet.
Argument par les prophéties bibliques
La Bible présente des prophéties qui se sont révélées vraies par la suite
Réfutations :
Confucius a réussi ce tour de force aussi... Et il partage avec la Bible le caractère général, imprécis et applicable à toutes les sauces. C'est à la portée de n'importe qui d'effectuer des prophéties, puis de leur trouver a posteriori un événement qui coïncide.
Ce qui serait vraiment étonnant, c'est qu'un croyant puisse tirer de la bible une prévision précise, ne laissant pas de place à l'interprétation, ne relevant pas de l'évidence, et qui s'avérerait vraie par la suite.
Dans une autre version : La vie de Jésus correspond de manière surprenante à plusieurs prophéties de l'Ancien Testament. Cela ne saurait être une simple coïncidence, ce qui prouve l'existence de Dieu.
Que valent ces réfutations ?
D'une part, le prophète biblique n'est pas un diseur de bonne aventure si l'on se reporte à son Sitz im Leben. Il est donc exclu qu'il dise l'avenir;
En ce qui concerne
l'existence de Dieu, la réfutation ne réfute rien. Elle critique seulement un systeme d'interprétation biblique. Or, Dieu, s'il est, n'est pas que dans la Bible.
Réfutations :
Non, ça n'a rien d'une coïncidence. Ça s'appelle de la licence littéraire. Il est beaucoup plus rationnel de croire que les premiers apôtres par la tradition orale, et les auteurs du Nouveau Testament se sont arrangés pour ajuster l'histoire de Jésus pour qu'elle coïncide avec les prophéties.
Que vaut cette réfutation ?
Elle brille par son inculture. On ne peut parler de licence littéraire (comme c'est le cas dans les débats entre Racine et Corneille à propos de la tragédie) en un temps où l'Histoire n'existe pas. En revanche on peut parler de genre littéraire, celui du Midrash, technique littéraire proprement juive qui consiste à glisser tel personnage contemporain dans les pantoufles d'un grand prédécesseur quand on veut montrer que le nouveau égale l'ancien. L'idée que le nouveau égale l'ancien est révolutionnaire au premier siècle. Nota : cette technique de rédaction est connue au moins depuis 1947.
Arguments philosophiques
Argument ontologique
Cet argument a été proposé pour la première fois par Anselme, dans son Proslogion. Son argument est que Dieu est l'être tel que rien ne peut se penser de plus grand, et cela tant dans l'intellect que dans la réalité. Ainsi, selon lui, pensant à l'être le plus grand, nous ne pouvons penser réellement que Dieu n'est pas : la pensée de Dieu implique son existence.
Réfutations :
Voilà un des arguments les plus absurdes de toute la philosophie du Moyen-Âge. On pose Dieu comme un être dont il est impossible de réfuter l'existence. Ainsi, toute tentative de réfutation est (du moins le croit-on) neutralisée. L'interlocuteur nous dirait, dans ce genre de situation, que le dieu dont nous venons de réfuter l'existence n'est pas le vrai Dieu, puisque ce dernier existe, et ainsi de suite.
N'empêche, l'absurdité de l'argument ne doit pas nous empêcher de le réfuter de manière formelle.
Que vaut cette réfutation ?
Il est anachronique donc sot de dire que l'argument ontologique est absurde. Poser dieu comme ëtre par excellence est proprement irréfutable en un temps où l'on ne connait ni le néant, ni l'infini (l'infini d'Aristote est un infini seccable et n'a rien à voir avec l'infini de Cantor qui interviendra beaucoup plus tard). Donc, même si la critique ultérieure revient sur l'être (toujours instantané) au temps de la philosophie substantialiste, la proposition ontologique n'avait rien d'absurde.
On est donc dans la critique inculte, une forme de critique qui nuit à la cause athée.
Réfutations :
D'une part, l'existence est posée ici comme une perfection. Or, ce postulat n'est soutenu par rien du tout. On a au départ tendance à l'accepter sans y réfléchir, mais lorsqu'on creuse un peu la question, rien n'est aussi évident. En quoi l'existence est-elle supérieure à l'inexistence? Il peut-être intéressant de proposer l'affirmation suivante : « l'arme parfaite est celle qui n'existe pas »...
Que vaut cette réfutation ?
Pas grand chose. Elle critique avec des arguments post-moderne une conception aristotélicienne. L'existence de la perfection repose sur la philosophie aristotélicienne qui représente "le modernisme" à l'époque considérée. Pour les gens qui ont posé l'argument ontologique, la perfection existe à l'état idéal.
La critique de la philosophie aristotélicienne est tout à fait possible (et faite depuis longtemps); toutefois, l'argument du ridicule (
c'est absurde) ou l'affirmation simple (
ce postulat ne repose sur rien du tout) ne réfute rien du tout. Pas plus que le raisonnement par le contraire qui n'est qu'une expérimentation purement langagière et nullement généralisable.
Réfutations :
Ensuite, avoir à l'esprit le concept de quelque chose qui existe n'implique en rien que cette chose existe réellement. Pour s'en convaincre, il suffit de remplacer le terme "dieu" par n'importe quoi d'autre : « Je peux concevoir une voiture parfaite en tout point, à laquelle il ne manquerait rien à ajouter et qui n'aurait rien à retrancher : puissance de formule 1, tout terrain, consommation de voiture solaire, sécurité à toute épreuve et confort absolu... Il est évident que si cette voiture n'existe pas, il lui reste quelque chose à ajouter : l'existence. Pensant donc à la voiture idéale, je ne peux pas croire qu'elle n'existe pas. Conclusion: la voiture parfaite existe et se balade quelque part dans nos rue... »
Que vaut cette réfutation ?
Plutôt que cet enfilage de tautologie, on préférerait une réflexion sur l'existence et l'essence. On parviendrait alors à une critique interne de l'aristotélisme. On aurait alors une réfutation d'une grande finesse et d'une grande élégance là où le raisonnement par le sens commun échoue.
Argument de la causalité ou cosmologique
C'est l'argument fondamental selon Thomas d'Aquin qui reprend en partie Aristote : Si l'univers est compréhensible, alors tout a une cause, la cause a elle-même une cause et ainsi de suite. Si la suite est infinie alors l'univers n'est pas compréhensible, dans le cas contraire il existe une cause ultime qui n'est causée par rien et que l'on peut appeler Dieu.
Réfutations :
L'argument est tellement faible, chaque pas de l'argumentation étant un sophisme, qu'il y a une multitude de réponses possibles.
Que vaut cette réfutation ?
Si l'argument était si faible, on peut penser que moins de 4 siècles auraient été nécessaire pour formuler sa critique. Affirmer sans le démontrer que chaque pas de l'argumentation est un sophisme constitue un argument d'autorité. En français courant : Si on vous le dit, c'est que c'est vrai!
Réfutations :
"Si la suite est infinie alors l'univers n'est pas compréhensible" Oui, mais l'athée n'a pas à admettre que l'univers soit compréhensible dans son ensemble jusqu'à une cause première. Il peut très bien être incréé et exister de toute éternité, rien ne s'y oppose. Et rien n'exclut de tenter d'en comprendre le plus possible.
Que vaut cette réfutation ?
Si l'athée, parce qu'athée considère que le monde n'est pas compréhensible ou n'a pas besoin d'être compris, alors adieu la déesse Science, incarnation de la raison, invoquée plus haut comme réfutation de tous les dieux.
Le monde n'a pas besoin d'être compréhensible formule la ruine de l'alliance entre l'athéisme et la raison. Auquel cas, l'athéisme n'est qu'une doctrine religieuse parmi d'autres dont il est temps de faire la critique.
Réfutations :
"dans le cas contraire il existe une cause ultime qui n'est causée par rien". L'athée n'a pas à accepter ce saut non plus. L'imposition d'une boîte noire, immatérielle, indescriptible et insaisissable est loin de rendre l'univers plus compréhensible !
Que vaut cette réfutation ?
pas grand chose car la proposition contient le mot
accepter qui est le mot du croyant quand il assène le dogme. Or, personne ne demande d'accepter quoique ce soit dans un débat, mais de démontrer que la théorie de la cause première est fausse. Le baratin sur la boîte noire ne sert qu'à noyer le poisson. On attend donc la réfutation de la théorie de la cause première (pour les flemmards, des éléments chez Henri Atlan,
Poussières d'étoiles)
Réfutations :
"et que l'on peut appeler Dieu." Définition biaisée. L'athée peut répondre que l'apposition des 4 lettres D i e et u pour nommer la cause première est purement arbitraire et ne prouve en rien le concept de Dieu que Thomas d'Aquin cherche à démontrer. L'athée peut également répondre que "cette cause première, c'est le Big Bang" ce qui est tout aussi logique !
Que vaut cette réfutation ?
L'athée souscrit là à une pratique idolâtre : si l'interlocuteur la nomme énergie, il n'y a pas de problème, mais si l'interlocuteur la nomme ''Dieu', alors là, il y a problème. En quelque sorte, le mot modifie la valeur de la théorie de la cause première ??? On comprend là que la réfutation ne réfute rien.
On devrait aussi se souvenir que la théorie du Big bang est pas mal contestée par les astropysiciens, que l'expression d'icelle est une boîte noire. Elle est exprimée dans un langage qui ne parle qu'aux initiés ... Deux façons de concevoir ce mode d'expression à compréhension restreinte :
- soit la surcharge baroque du langage camoufle qu'il n'y a rien derrière,
- soit on se réfugie dans un élitisme des sciences dures (voir plus haut pour élitisme)
On se trouve dans une situation proche de celle de l'astrophysicien quand il évoque la
théorie des cordes. Elle n'est ni falsifiable ni réfutable, ni expérimentable, etc.... Mais elle ne revêt pas les caractères de la théorie scientifique. Idem pour la théorie des branes.
Réfutations :
On retrouvera également une version plus péremptoire : « Tout a une cause dans le monde, donc il faut une cause première qui a démarré tout ça, non? Cette cause, c'est Dieu! »
Ici, l'interlocuteur remplace le souhait de Thomas d'Aquin que l'univers soit compréhensible avec une affirmation positive. Essentiellement la réfutation reste la même mais cette formulation ajoute une faille : la cause première contrevient directement au postulat de départ de l'argumentation puisqu'elle n'a pas de cause. Et tout s'écroule.
Où donc est la réfutation de Thomas d'Aquin et consorts ?
Ici, une affirmation péremptoire se substitue à une affirmation péremptoire. Mais de démonstration réfutatoire ? point.
Version cartésienne de l'argument ontologique.
Cet argument consiste à accepter l'existence de Dieu puisqu'il nous est possible de penser un Dieu infini et parfait avec notre intellect fini et imparfait.
Réfutations :
Ça serait intéressant si c'était vrai. Mais personne n'est capable de concevoir vraiment un Dieu infini et parfait, de comprendre ce qu'il serait et ce que cela impliquerait. Personne n'est capable de s'en faire une véritable représentation mentale, un modèle intellectuel. La meilleure preuve est dans l'un des arguments des croyants eux-même : « les desseins de dieu sont incompréhensibles » ou « qui sommes-nous pour décider de ce que Dieu devrait penser »... Ce qui démontre bien que leur intellect ne maîtrise pas le concept de perfection.
Que vaut cette réfutation ?
Pas grand chose car pour Descartes, Aristote a encore un moment force de loi. Donc, il conçoit parfaitement la perfection sur un mode aristotélicien. C'est une représentation, une interprétation. Mais la réponse est aussi une représentation des possibilités intellectuelles humaines, laquelel est en contradiction avec la théorie eschatologique de la Science qui trouvera. On se trouve donc devant un raisonnements fallacieux sur le modèle du double standard.
Réfutations :
On pourrait répondre également : « mon intellect imparfait est capable d'imaginer une licorne bleue immatérielle sautant de système solaire en système solaire... C'est bien la preuve que la licorne bleue existe. »
Que vaut cette réfutation ?
Comparaison n'est pas raison
Argument téléologique
Consiste à voir dans la nature une vaste finalité, dont la cause serait Dieu.
Réfutations :
L'athée n'a pas à admettre l'évidence d'une vaste finalité dans la nature. Aucun argument véritablement objectif n'abonde dans ce sens et le croyant s'appuie essentiellement sur l'émerveillement ou l'incompréhension. Il tire une conclusion surnaturelle sans éliminer toutes les autres hypothèses plus rationnelles. Cet argument est de nature à ne convaincre que ceux qui sont déjà convaincus et qui sont tout prêts à voir du divin partout.
Que vaut cette réfutation ?
Elle part du principe que le croyant est un imbécile sans vraiment le démontrer. Schopenhauer classe les arguments ad personam en plusieurs catégories et celle-ci appartient à l'une d'entre elles.
pas besoin de souscrire à l'argument téléologique pour constater que la soit-disant réfutation ne réfute rien.
Argument moral
Consiste à dire que la morale ne peut exister sans Dieu, puisque c'est lui qui décide ce qui est bien et ce qui est mal, et qu'il est en conséquence le fondement ultime de la morale. Si l'on suppose que Dieu n'existe pas, on doit en conclure que l'existence est dénuée de valeur morale, et qu'il n'y a ni bien ni mal dans nos actions. Soutenir l'argument moral (voir, par exemple, Dostoievski), c'est dire que les athées doivent accepter que tout soit permis sous peine de se trouver en contradiction avec eux-mêmes, mais c'est également soutenir la thèse que les athées ont plus de propension aux crimes que les croyants.
Réfutations :
Que vaut cette réfutation ?
Cf. plus haut la problématique de la morale indépendante. Ne réfute rien du tout.
Argument panthéiste
Qui définit le divin comme le Tout.
Réfutations :
C'est une question de redéfinition arbitraire, qui n'est justifiée que par une croyance a priori. Le même genre de réflexion consiste à dire que je définis la Mare comme étant "tout" et que, donc, l'existence de Grenouille au travers de toute Sa Création est indéniable. L'argumentation est rigoureusement logique, mais personne n'a à admettre la définition de départ sur laquelle elle repose.
Que vaut cette réfutation ?
C'est une mauvaise compréhension du panthéisme qui n'est pas une définition mais le résultat du raisonnement de Denys le pseudo.
Argument de la dualité être et ne pas être
Argument qui souligne que les êtres sont, mais qu'ils ont des limites au-delà desquelles ils ne sont pas. Comme une chose ne peut pas être et ne pas être en même temps (on ne peut pas valider en même temps A et nonA), il y a incohérence, que le croyant se propose de régler en faisant intervenir quelque chose de supérieur. ('-ici'-)
Réfutations :
Une nouvelle fois, c'est n'importe quoi. L'argumentation tente de nous faire avaler qu'on est dans une situation où A et nonA seraient valides en même temps, ce qui serait effectivement impossible. L'erreur ici, c'est que ce qui se trouve à l'extérieur des limites, n'est pas la même chose que ce qui se trouve à l'intérieur des limites. Si A est l'être qui existe, B représente alors ce qui est à l'extérieur de ses limites, et pas nonA. On valide donc A et !B ce qui est parfaitement cohérent.
Que vaut cette réfutation ?
Le fait qu'on ne peut à la fois valider A et non-A n'est validé qu'en occident. Les civilisations asiatiques connaissent d'autres possibilités.
Donc, ne réfute rien par occidentalocentrisme.
Argument de Pascal
Cet argument cherche à établir l'existence de Dieu par un appel à la cupidité. Il consiste à dire que, bien que les chances que Dieu existe soient minces, il serait absurde de ne pas y croire puisque la mise est minimale (dévotion à la doctrine chrétienne) et l'enjeu extrêmement profitable (vie éternelle).
- Sur athéisme.free.fr
- Sur wikipédia
Réfutations :
Le pari de Pascal repose également sur une erreur de logique, celle d'utiliser une fausse dichotomie, si courante dans les discours chrétiens. Il présente l'idée qu'il n'y a que deux choix. Croire en Dieu, oui, mais croire en lequel ? D'un point de vue extérieur, il y a des dizaines de possibilités, où chacune prévoit une vie après la mort désagréable si on ne se conforme pas à un certain dogme. Dans le meilleur des cas, peu importe le choix sauf un, on perd tout dans la mort, alors qu'on a perdu aussi dans la vie.
À l'opposé, l'athée est certain de gagner quelque chose dans la vie : la liberté de raison et ses très nombreux corollaires.
Que vaut cette réfutation ?
S'il est vrai que le pari de Pascal ne convainc que les convaincus, le gain évoqué par l'athée comme étant son privilège
la liberté de raison n'est pas son privilège.
En résumé, être athée n'est pas nécessaire pour avoir la liberté de conscience, la liberté d'investigation etc...
Réfutations :
En suivant le raisonnement de Hans Jonas (Le Principe responsabilité), on peut également opposer à Pascal l'objection suivante : si je choisis de croire en Dieu, je dois vivre en accord avec cette croyance pour gagner la vie éternelle ; cela suppose de renoncer à la vie terrestre. Si je gagne, je gagne tout, mais si je perds, c'est-à-dire si Dieu n'est pas, la différence doit se faire entre ma vie vécue et le néant de la mort. Or, entre la vie et le néant la différence est incommensurable, si bien qu'en pariant sur l'existence de Dieu, j'ai perdu quelque chose d'inestimable. Mais si je vis en athée, et que Dieu est, je perds aussi quelque chose d'inestimable, la béatitude éternelle. Dans les deux cas la perte est infinie.
Que vaut cette réfutation ?
Pas grand chose car elle repose sur un parti pris doctrinal : pour marcher dans cette supposée réfutation, il faut adhérer d'une part à une religion de salut et d'autre part croire que les oeuvres donnent le salut.
Ne fonctionne donc pas pour les tenants de l'apocatastase.
Ne fonctionne pas pour les religions autres que
de salut
Réfutations :
L'autre reproche courant au pari de Pascal est de présenter un "dieu des hypocrites". Peut-on vraiment accéder au paradis si l'on croit en Dieu seulement sur la base d'un pari, seulement pour tenter d'obtenir le paradis au cas où dieu existerait ?
Que vaut cette réfutation ?
Le paradis et gagner le paradis n'est pas l'objectif de toutes les religions. Aussi, au panier la réfutation qui n'a rien d'universel
Argument du "pourquoi"
Ici le croyant tient à trouver une grande raison à son existence. Il affirme que si la science s'occupe bien du "comment", il faut Dieu pour expliquer le "pourquoi" : « pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » « Pourquoi existons-nous ? »
(note, on entend ici par "pourquoi" une raison supérieure, une justification humaine, une volonté ou une finalité...)
Réfutation :
Il y a déjà pétition de principe dans l'énoncé du "pourquoi". Le croyant cherche une réponse tel que pourrait en donner un humain qui veut justifier une action. Il présuppose déjà l'existence d'un être créateur.
Mais qui a affirmé qu'il y avait un pourquoi ? Cette question a-t-elle même un sens ? Si l'on veut éviter la pétition de principe, la question doit être formulée différemment : « Y a-t-il une justification "cosmique" à notre existence ? » La réponse de l'athée est que l'univers est. Point. Il n'y a pas de pourquoi.
De plus, l'idée de Dieu n'offre aucune réponse au "pourquoi" il ne fait que la repousser, la déguiser en apposant le terme "Dieu" partout... Mais en bout de ligne, ça ne résout rien ! Pourquoi Dieu existerait-t-il ? Quel serait son but ? Sa raison d'être ? Pourquoi y aurait-il eu un Dieu plutôt que rien ? Pourquoi aurait-il souhaité la création ? Pourquoi l'aurait-il créé ainsi et pas autrement ?
Que vaut cette réfutation ?
Le pourquoi ? est la base même de la raison critique. En dénier l'usage au croyant est un raisonnement fallacieux fondé sur le double standard.
Réfutation :
Le croyant bien conditionné refuse de se poser ces questions, tout en insistant pour avoir une réponse à celles qui coïncident avec sa croyance. Il refuse d'admettre l'idée que l'univers pourrait être apparu ex-nihilo ou exister depuis l'éternité, sans raison, mais accepte tout à fait ces attributs pour le dieu qu'il s'est inventé. Où est la logique ?
Que vaut cette réfutation ?
Elle vaut ce que valent les arguments ad personam : ils montrent l'absence d'argument autre que celui du mépris de l'interlocuteur. (Schopenhauer)
Réfutation :
Comparons donc pour terminer les deux positions : L'athée affirme : « L'univers est, point. » Le croyant lui affirme : « L'univers a été créé dans un but divin ; Dieu est, point. » Quelle hypothèse nécessite le moins de suppositions ? Laquelle des deux est la plus économe ?
Que vaut cette réfutation ?
Depuis quand l'économie est-elle une preuve ? Elle est tout au plus une esthétique.
Réfutation :
Cela semble parfois désagréable à certains d'imaginer que l'univers et l'Homme n'ont pas de raisons transcendantes, une finalité divine... Mais cela ne relève que de la psychologie et ne saurait en aucun cas être un argument à la croyance.
Que vaut cette réfutation ?
Voir plus haut attaque ad personam
Argument du Législateur / Architecte / Horloger
Certainement l'un des arguments les plus courant, celui de Fénelon et de Bossuet. Ici le croyant tente de prouver la logique de sa foi par une analogie biaisée avec une création ou un concept humain. Par exemple : « Au même titre qu’une maison a besoin d’un architecte, il est évident que l’univers a besoin d’un Créateur. » Ou encore : « Il faut un horloger pour faire une montre, un peintre pour faire un tableau, il faut donc un auteur à toute chose, cet auteur, je l’appelle Dieu, donc Dieu existe. »
Réfutation :
L’analogie peut servir à expliquer ou à illustrer un phénomène ou une idée, mais n’a en aucun cas force de preuve. Pour bien illustrer pourquoi voici quelques autres analogies possibles : « Au même titre qu’il est possible d’entrer et de sortir d’une maison, il doit être possible de faire pareil avec l’univers » « Une maison a un dessus et un dessous, il est bien évident que l’univers a un haut et un bas. » « Il y a plusieurs horloges et plusieurs horlogers, de la même façon, il y a plusieurs peuples et donc différents dieux... »
On voit que l’analogie n’est un concept valide que sur les points où il y a déjà accord. Ici, le croyant pèche donc par pétition de principe, puisque le choix d’une construction humaine présuppose dès le départ un créateur divin pour l’univers.
Cela entraîne également un vice de logique de même nature que l'argument de la cause primordiale : s'il faut un horloger à toute chose, qui a créé Dieu ? Et qui a créé le créateur de Dieu. Et ainsi de suite dans une chaîne sans fin.
On retrouvera d’autres variantes, dont voici un exemple : « Si vous êtes scientifique, vous acceptez les lois de la physique… Or, qui dit loi dit législateur. »
Réfutation :
Ici l’erreur provient d’une redéfinition de terme en cours d’argumentation. Le mot "loi" n’a pas le même sens dans les deux cas, et de loin. Dans le second cas, la loi créée par l'homme a force d’autorité, et l’humain doit (en théorie) la suivre. Ces lois ne sont ni absolues, ni toujours suivies. Dans le premier cas, le terme « loi » est d’une toute autre nature, il désigne une formule mathématique (créée par l’homme) qui permet d’expliquer les interactions et les comportements de la matière, qui eux sont incréés.
L’analogie est donc complètement bidon, et personne n’a à admettre l’idée qu’un être supérieur doit avoir dicté ce comportement à la matière. Encore ici, l’analogie n’est pas un argument.
Arguments rigolos
Argument de Berkeley, version Loki
Pouvez-vous prouver hors de tout doute que ce que vous voyez n'est pas une illusion? Non? Ah ha! Dans ce cas Dieu existe.
Argument de T.R. par la crainte de devenir Darth Sidious
Si vous ne croyez pas en Dieu vous êtes comme Darth Sidious. Donc Dieu existe.
Dernière modif: October 24, 2007, at 10:26 AM EST | Modifié par: 143.126.201.197