Des recherches importantes

sur les civilisation pré-Têtariennes.

Comme le savent ceux qui s'intéressent de près à l'archéologie, les traces du culte de Grenouille au travers des âges sont remontées à la surface de notre histoire de plus en plus fréquemment. Le culte est ancien, très ancien et ses origines ne sont pas encore déterminées. On pensait jusqu'à très récemment, avant des découvertes majeures telles que les fameux parchemins de la Mare Morte, que la religion grenouilliste avait été créée de toutes pièces sur Internet par une bande d'athées illuminés. Or, il n'en est rien. Le culte de la grenouille est vieux... très vieux.

Il s'ajoute à la somme proprement fabuleuse des connaissances que nous commençons à rassembler sur la Grenouille, les recherches récente du Professeur Xavier Y. Zaffixes, diplômé de l'université de théologie archéologique de la Mare Sacrée et de l'université d'histoire sociale comparée de l'Etang du Brochet Mort. Ces recherches portaient sur les civilisations pré-grenouillènes de la Kanapeche ancienne.

Petite récapitulation des connaissance que nous avons de ces civilisations passionnantes.

1/L'héritage Kanapechien.

Force est de constater la pauvreté des documents en notre possession sur les kanapechiens. En effet, s'ils connaissaient manifestement une forme d'écriture runique, celle-ci était fort peu usitée au profit de la symbolique des objets. La transmission du savoir était essentiellement orale. Il n'y a pas de tombes non plus puisque le kanapechiens pratiquaient la crémation.

Cependant, nous disposons de nombre d'objets issus de l'artisanat kanapechien, tels que des armes, des poteries, des pendentifs et des outils témoignant d'une avancée certaine dans les techniques de l'agriculture, de la forge et du bâtiment.

Les terres du Kanapeche auraient été envahies par les Hameçons en 7050 avant Têtard. Leur science de la guerre leur aurait permis de quitter les terres du nord pour immigrer vers celles, plus hospitalières, du sud. Ce peuple guerrier se serait donc sédentarisé à cette date, transformant son savoir belligérant en culture de la terre. C'est de cette époque que datent les vestiges que nous avons découverts.

2/Ce que nous savons de la vie des Kanapechiens.

La monnaie n'existe pas en Kanapeche, on pratique le troc. Les classes sociales sont des plus simples: il y a la classe guerrière, la classe paysanne et la classe sacerdotale. Les chefs des différentes tribus appartiennent à la classe guerrière, cependant, un personnage éminent semble oeuvrer en permanence dans leur ombre: le prêtre, qui cumule les fonctions de chef spirituel, d'enseignant et de médecin.

Les tribus se font régulièrement la guerre tandis que les rites religieux ponctuent leur vie. Si le prêtre ne participe pas aux combats, son rôle y est cependant essentiel, lors des négociations, de la répartition du butin. C'est aussi lui qui décide de l'augure des combats.

3/La religion kanapechienne.

C'est certainement ce domaine qui nous intéresse le plus. Chaque tribu semble adorer plus particulièrement une entité ou une autre mais il y a une sorte de coordination entre ces divers cultes. On pense, en effet que les prêtres des différents villages se rassemblaient régulièrement pour décider de l'organisation de leurs différents cultes.

On a retrouvé de nombreuses statuettes et pendentifs à l'effigie de différentes divinités batraciennes. La plus célèbre est celle de la grenouille à bois de cerf qui correspond à la divinité des forêts. On citera aussi la grenouille à tête de loup, la grenouille au corps de sanglier, la grenouille de la fertilité mais aussi, ce qui est plus troublant, un florilège de représentations de Têtard.

Les cultes rendus sont plus ou moins barbares. On sait qu'il était de coutume de brûler vivants les prisonniers, le jour de la fête du Têtard guerrier, représenté comme un Têtard à tête de bouc, portant lance et bouclier. Les saisons étaient l'occasion de manifestations diverses; au printemps, on organisait une grande orgie et les enfants qui naissaient de ces orgies étaient considérés comme sacrés et réservés à la tâche sacerdotale. Lors de l'équinoxe d'automne, les fantômes des morts et les démons revenaient sur terre et le peuple se déguisait en monstres pour les accueillir (les enfants ainsi parés allaient frapper aux portes pour réclamer des lamelles de viande séchée).

Le solstice d'été était la fête de l'hydromel, une grande beuverie guerrière qui causa la perte de ce peuple. L'envahisseur Grossemain, en l'an 4048 avant Têtard, profita en effet de cette occasion pour trucider tous les guerriers et conquérir le pays. D'où la parole, célèbre aujourd'hui, du grand chef kanapechien Vienpaboiremacoupe: "C'est pas du jeu!".

Le solstice d'hiver, quant à lui, était l'occasion de se réchauffer au coin du feu et de s'offrir des statuettes représentant les différentes divinités.

4/Les réactions des différentes Églises.

Le professeur Zaffixes nous fait remarquer dans la préface de son livre "Le Culte de Grenouille au travers de l'Antiquité" aux éditions Têtard Ivre:

"(...) il est à noter que ces découvertes ne pas pour la plupart récentes mais sont demeurées cachées par l'Église orthodoxe. Notre travail a été, au péril de nos vie, de retrouver tous ces documents et ces témoignages du glorieux passé de Grenouille". Malgré notre insistance, nos posts répétés sur leurs forums, nos mails et les graffitis sur les murs de leurs églises, la plupart des grande religions n'ont pas voulu se prononcer sur ces découvertes et l'anathème a été jeté sur le professeur Zaffixes, qui s'en trouve plutôt flatté. Nul doute que son livre et ses recherches constituent une petite révolution dans le monde grenouillesque et que le silence des Églises ne pourra leur servir longtemps de refuge.

Seule l'Église de la Grenouille réformée semble ouverte au dialogue, bien que sa position ne semble pas des plus satisfaisantes: "Grenouille a toujours été, il est donc normal que les peuples pré-têtariens aient développé un culte primaire adapté à leur mode de vie. Cependant, la révélation de Grenouille au travers des textes sacrés donne une autre dimension à ces mythes, puisqu'ils ont été révélés par les prophètes", nous déclare le porte-parole, le pasteur Joseph Réformerai.

Affaire à suivre...