RÉVÉLATION OU APOCALYPSE SELON GEORGES

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Vision du Trône

Moi, Georges, alors que j’étais assoupi[^On peut s'étonner de voir Georges au repos, alors que ces apôtres devaient être au même moment en pleine prédication. N'oublions pas cependant que le prophète a beaucoup donné de lui-même les jours précédents.^] sous un saule au bord de l’étang et que ma canne à pêche trempait paisiblement, j’eus une vision grandiose des choses à venir. Ces choses, je les ai consignées pour l’instruction et la formation des générations futures.

Alors que le soleil était haut dans le ciel, à l’heure où l’homme sage fait sa sieste, moi, Georges, je vis apparaître à la surface de l’étang un nénuphar qui prenait une dimension peu commune. Ce nénuphar s’éleva alors des eaux où il reposait. Sous lui des nénuphars plus petits se rassemblèrent, formant deux à deux comme des roues pleines imbriquées l’une dans l’autre. Une douzaine de ces roues se répartirent sous le nénuphar géant, si bien qu’il semblait glisser sur l’eau dormante. Sur ces roues-nénuphars, il y avait des yeux de grenouille, si bien que les yeux semblaient regarder tout autour et que pas un seul endroit ne semblait pouvoir échapper à leur regard. Les yeux de Grenouille, en effet, sont en tout lieu. Tout autour du grand nénuphar virevoltait de manière gracieuse une multitude de libellules. Moi, Georges, intrigué par la vision, je prêtais une plus grande attention au nénuphar volant.

Et voici qu’à l’instant même, apparut sur le nénuphar un trône tout en or richement enchâssé de pierres précieuses, des rubis, des émeraudes, des améthystes, comme le travail fin d’un orfèvre. Sur ce trône, voici que se trouvait une grenouille d’où émanaient un amour intense et une chaude lumière. Sur sa tête était posée de noble façon une couronne faite dans l’orichalque le plus pur. Je sus alors qu’une vision de notre Mère Grenouille m’était à nouveau donnée.

Mes genoux s’entrechoquèrent, les jointures de mes hanches se relâchèrent, je tombais sur ma face, anéanti. « Hélas, ô Mère Grenouille, car je suis un pêcheur pécheur, et je ne suis pas digne d’avoir part à cette vision magnifique. »

Notre Mère Grenouille, dans sa grande miséricorde, envoya alors un messager à mon secours. Emergeant à son tour de l’étang, une grenouille particulièrement forte, de la taille d’un homme, vint à ma rencontre. Dressé sur ses pattes arrières, me touchant l’épaule de sa main palmée, le messager me consola par ses mots. « Ne crains rien, ô homme hautement favorisé, car tu as été établi comme prophète batracien. Plusieurs choses te prédisposaient à ces visions : ta grande humilité, ton amour de Grenouille et ton penchant pour le vin rouge. Ce dernier élément est précisément la marque des vrais prophètes, et plus ils en font usage meilleures sont les visions. Je suis Batraxos – ce qui traduit du grec veut dire grenouille – n’aie pas peur, ô homme très désirable. Tu es saint, et c’est moi qui te soutiens, Georges. » A ces mots, moi, Georges, je compris que j’avais à faire à un gros bonnet, tout au moins à un personnage important.

Du nénuphar géant, du trône même, vint alors une voix impressionnante, comme le coassement de mille grenouilles. « Batraxos, montre à notre prophète ce qui doit arriver bientôt. »

Sur la rive de l’étang apparurent alors plusieurs feuilles de nénuphar séché, un calame pour écrire et une écritoire munie d’un encrier plein de sang de Brochet[^Nous ignorons pourquoi Georges était ainsi démuni, n'ayant avec lui ni sang de brochet, ni calame, ni feuille de nénuphar séché. Peut-être avait-il cru alors qu'aucune vision ne lui saurait encore donnée. Il avait manifestement tort.^]. La créature nommée Batraxos me cria alors : « C’est pour que tu prennes bonne note de ce que tu verras, et tu devras veiller à ne rien omettre, car ces visions sont fidèles et vraies. »

Obéissant sans tarder, je me ceins de l’écritoire et me munis alors de quelques feuilles de nénuphar séché. J’en glissai certaines dans ma ceinture afin de me libérer les mains.

Apparurent alors, sur la rive même où je me tenais, sept récipients de métal déposés à distance régulière. Batraxos me dit : « Vois, ce sont sept seaux scellés. Ils sont sagesse et connaissance et serviront à l’édification de ton peuple. Ouvre-les. »

Je m’approchai du premier seau. Mais voici qu’il était bel et bien scellé, et que je ne pouvais l’ouvrir. Je criais alors en direction du trône : « Hélas, ô Mère Grenouille, car je suis bien faible et ignorant. Oui, je suis trop sot pour briser les sceaux des seaux. »

Alors du trône vint la même voix impressionnante : « Batraxos, viens en aide au prophète. Brise les sceaux pour lui et libère les couvercles. » La créature s’exécuta alors. En un éclair les sceaux étaient tombés.

Premier Seau

Je mis la main sur le premier seau et soulevai délicatement le couvercle. A l’intérieur du récipient nageait un têtard. Du trône, la voix stupéfiante me lança : « Libère-le. Mets le délicatement dans l’eau de l’étang. » Le têtard se dirigea alors sans hésiter vers le nénuphar volant. La voix venant du trône reprit alors : « Tu es Têtard mon bien-aimé. Tu es venu dans le monde pour sauver l’humanité et avec elle ma création toute entière. Viens prendre place à mes côtés. » A l’instant même quatre libellules se détachèrent de la multitude virevoltante, se saisirent du têtard et le placèrent juste à la droite de Grenouille, sur le trône d’or. Alors toutes les créatures vivantes de l’étang reprirent en cœur : « Louée sois-tu Grenouille, car tu as donné à Têtard un peu de ton autorité et de ta royauté. En son nom, nous voulons t’honorer et te servir. » A ce spectacle magnifique, hors de moi, en proie à un ravissement extrême, je dis : « Amen, et amen. » Je profitais alors du calme et de la contemplation du moment pour prendre une gorgée de vin rouge, ne doutant pas un seul instant que ce breuvage était pour beaucoup dans la qualité de mes visions. Et dans un accès de sainte piété, sous le regard approbateur de Batraxos, je me gratifiai de quelques gorgées visiogènes supplémentaires.

Du trône, la voix me donna un nouvel ordre. « Va, ouvre à présent le deuxième seau, et verse son contenu dans l’étang »

Deuxième Seau

Avec plus de dextérité que la première fois, j’ôtai le couvercle du deuxième seau. Au fond du seau se disputaient des grenouilles, je les versai promptement dans l’eau vaseuse de l’étang. J’observai les grenouilles, et voici que ces grenouilles ne faisaient pas Coâ, comme les autres grenouilles, mais Croâ. La voix forte dit alors : « Vois ces grenouilles, ce sont des fanatiques de la Sainte Croâ. Méfie-toi d’elles. Elles parlent d’amour mais elles sont prêtes à sauter sur tout ce qui bouge, elles voudraient mener le monde et représenter la civilisation toute entière. Ce sont des sournoises, elles occupent l’étang et ses rives, et affectionnent particulièrement les buissons. Elles vivent par les buissons, elles périront par les buissons. » Je dis alors : « Ces grenouilles sont dangereuses, ô Sainte Mère Grenouille, comment les faire s’en retourner dans le récipient ? » Ce à quoi la voix forte me répondit : « Par la ruse. Ne t’ai-je pas dit qu’elles périraient par les buissons. Va ! Approche toi de la rive et cache-toi dans les buissons, et là crie, je te tolère ce blasphème : "Je ne crois pas en la Création et en une Terre jeune". Elles viendront toutes à toi, ramasse les avec ton seau. »

J’obtempérai à l’ordre divin. En peu de temps, caché dans les buissons, répétant le blasphème, j’eus tôt fait de les remettre dans le seau. Je demandai alors : « Ô Grande Mère, qui ces grenouilles sournoises représentent-elles ? Et quel lien ont-elles avec les buissons ? » La réponse me fut alors donnée : « Ces grenouilles sont les grenouilles chrétiennes. Les plus méchantes et les plus hardies seront les grenouilles d’un pays en formation qui s’appellera Amérique, elles voudront dominer la planète et forcer tout le monde à s'aimer les uns les autres. Ô homme perspicace, sache, et note bien, que dans la langue de ce pays buisson se dit bush. »

Je ne compris pas ce que Grenouille voulait dire, mais je l’inscris tout de même pour les générations à venir, dans l'espoir que les hommes de l'époque concernée sauraient quoi faire des buissons.

« A présent, ouvre le troisième seau. »

Troisième Seau

A l’intérieur du troisième seau se trouvaient des grenouilles qui se lamentaient, ému, je les versai dans l’étang. La voix forte dit alors : « Tu vois, fils d’homme, ces grenouilles ne sont pas méchantes, mais personne n’en veut et elles tiennent de la place. Elles ont la faculté extraordinaire de se disperser puis d’errer sans relâche. Elles ont besoin d’espérance. »

Je dis alors : « Comment peut-on leur venir en aide ? » La voix me fit écho : « Elle demande à avoir un coin à elle. Ramène-les dans leur récipient. »

Je répondis : « Comment le puis-je ? Elles sont déjà loin et presque dispersées. »

Du trône, la voix reprit : « Va chercher ta canne à pêche. Coupe l’extrémité de ta canne, ça s’appelle précisément le scion. Puis jette-le dans le récipient promis. Et crie : "Venez vite, j'ai trouvé Scion !" » Aussitôt, je m’exécutai. En quelques minutes, ou peut-être était-ce 6 jours je ne sais - dans les visions le temps ne compte pas, toutes les grenouilles libérées se retrouvèrent à l’abri dans leur seau. Je réfléchis alors à cette méthode de pêche astucieuse et décidait de l’appeler le scionisme.

« Va ! Ouvre le quatrième seau. »

Quatrième Seau

Sous la pression des grenouilles du quatrième seau, le couvercle menaçait déjà de se soulever. Dès qu’elles touchèrent l’eau, ces grenouilles, une fois libérées, se montrèrent survoltées.

Certaines d’entre elles avaient un comportement étrange et délétère. Elles chantaient clairement : « Elle l’a. Elle l’a. » Puis, « Elle l’a et que barre ». Ensuite elles explosaient. Je m’exclamai alors : « Ô Sainte Mère Grenouille, ces grenouilles sont dangereuses, qu’ont-elles ? »

La réponse ne se fit pas attendre : « Fils d’homme, ces grenouilles sont survoltées. Le problème est électrique, elles produisent de l’électricité. Mais j’ignore si c’est du Coran continu ou alternatif. En tout cas, c’est dangereux. Remets-les vite dans leur seau. »

Moi, Georges, je demandai, interloqué devant la difficulté de la tâche, car je ne pouvais toucher aux grenouilles sans me mettre en danger : « Ô Grand Mère, je recommence le coup du scionisme ? » La voix forte répondit alors : « Tu es un petit malin, Georges, oui ça pourrait marcher, car elles se disputeront longtemps le même récipient. Mais j’ai mieux. Déchire vite un bout de nénuphar séché, fais une caricature et jette-la au fond du seau et crie : "Fate Oie. Fate Oie !". Elles se précipiteront dessus. »

Je rétorquai alors : « Ô Bonne Mère, mais qu'ont-elles donc contre les oies orgueilleuses ? »

Et la Bonne Mère me tança : « Prophète, tu me fatigues, parle moins et agis plus vite. » Je m’exécutai et, merveille des merveilles, la parole de Grenouille s’avéra forte. Toutes les grenouilles dangereuses se précipitèrent dans le seau d’où elles étaient sorties.

« Va ! Ouvre le cinquième seau. »

Cinquième Seau

Moi, Georges, j’appréhendais à présent ce que j’allais trouver au fond du cinquième seau.

Et voici que sortirent des grenouilles vertes de belle apparence. Mais en peu de temps, les grenouilles libérées changèrent de couleur. Elles devinrent d’un beau rouge carmin, et semblaient trouver du plaisir à se rassembler. Elles entonnaient ensemble, à l’unisson, quelques beaux coassements, comme un chœur d’armée rouge.

Mais voici que les grenouilles perdirent leur belle couleur rouge, elles virèrent à l’orange, puis ensuite au jaune citron. De plus près, je pus même constater que leurs yeux s’étaient incontestablement bridés. A présent, leur comportement aussi était différent. Elles faisaient des bonds inhabituels. Elles se recroquevillaient pour prendre de l’élan, marmonnant tel un mantra : Maooooo. Puis suivait une extension terrible avec un grand bruit de ressort qu’on détend : Zedoiiiiiiinggg pour atterrir non pas un mais deux ou trois nénuphars plus loin.

Je m’écriai, effarouché : « Ô Mère Batracienne, qu’est-ce que c’est ? ». La voix divine me répondit : « Je ne sais pas, elles étaient bien parties. Mais maintenant, elles veulent avancer plus vite que les autres, et sous peu, elles aussi, conquerraient le monde. Elles appellent cela le Grand Bond en avant. »

Je dis alors : « Mère Sacrée, comment faire pour que celles-ci rentrent aussi ? »

Du trône, la voix poursuivait : « Cette fois, tu vas devoir payer de ta personne. Combien de monnaie sonnante et trébuchante as-tu sur toi ? Mets quelques livres dans le récipient et crie : "Nouveau capitalisme". » Obéissant à notre Mère Batracienne, mais reniflant quand même le coup fourré, je jetai deux oboles[^Monnaie ancienne : une livre est équivalente à 480 oboles. On comprend la honte éprouvée par Georges.^] dans le seau. J'en éprouvais une honte confuse, mais ce geste, que je regretta par la suite, n'eut fort heureusement que peu d'effet sur le résultat. Je n'avais pas compris le mot compliqué 'capitalisme', mais je me dis que le mot devait venir de Capitole, et que cela devait aussi avoir un lien avec les oies ; mais un prophète doit crier, il n'est pas là pour comprendre. Tout à mes pensées je criai. Aussitôt les grenouilles jaunes, devenues avides, regagnèrent leur seau.

« Va ! Ouvre le sixième seau. »

Sixième Seau

De plus en plus méfiant, m'interrogeant sur le coût prohibitif des prochaines visions, mais restant le prophète de Grenouille, je m’exécutai.

Cette fois encore, des grenouilles d’apparence normale sortirent vers l’étang. La voix forte me dit alors : « Observe ces grenouilles et prends garde à ce qu’elles disent. »

Intrigué, je m’approchai. Et voici que ces grenouilles entonnaient un chant peu orthodoxe, ce n’était pas Coâ ni même Croâ, comme les grenouilles du deuxième seau, mais des questions : pourquoi ? comment ?

« Fils d’homme, entends-tu ce que chantent ces grenouilles ? La plupart des grenouilles posent peu de questions, et même une seule : quoi ? Celles-ci veulent aussi savoir pourquoi et comment. Elles veulent précéder Grenouille dans la connaissance, elles ne se satisfont pas de la connaissance élémentaire déversée par Grenouille. Elles veulent tout savoir et tout de suite, ce sont des grenouilles pressées, ce sont des grenouilles qui se hâtent beaucoup. Oui, ce sont des grenouilles hâtées. »

Je demandais alors : « Ô Mère Grenouille, comment dois-je écrire le dernier mot que tu dis ? »

La réponse fusa : « Ô homme de peu de foi, fais comme tu le sens. Écris cela comme tu veux, mets le h où bon te semble, tu es prophète, non ? » Alors, en ma qualité de prophète, je résolus de mettre grenouille athée pour hâtée, car j’ai trouvé que ça faisait plus joli, et que c'était aussi plus facile à prononcer.

J’aperçus alors dans le groupe des grenouilles athées un groupe nonchalamment avachi sur un nénuphar. Je questionnais : « Et celles-là, Mère Grenouille, quelles sont-elles ? » La voix forte se fit plus tendre : « Celles-là ce sont mes préférées. Un jour, elles parleront de moi à toute l'humanité, elles feront connaître ma parole, elles feront ma gloire et mon orgueil. Elles ont l’air un tantinet évanescentes et brumeuses, elles sont sous la dépendance du LsD[^Avertissement : ceci ne constitue nullement une invitation à faire usage de produits stupéfiants, mais à s'inscrire au forum LsD -Libre Sans Dieu- ou à participer à la rédaction de ce wiki (NDLR).^], une drogue à venir encore plus visiogène que ton vin rouge. »

Dans mon zèle et sous la force de l’habitude, je proposai alors : « Et celles-là comment je les rentre ? »

La voix se fit soudain tonnerre et lança le reproche : « Georges, Georges, es-tu si lent à comprendre ? Les autres seaux contenaient des plaies répandues sur la Terre, il te fallait les récupérer. Mais les grenouilles athées ne sont pas un danger. Elles veulent aller trop vite, mais elles ne sont pas un danger. Laisse-les aller en totale liberté. »

Je dis alors : « Oui, Mère Grenouille, je les laisse libres. Allez, j’ouvre le septième et dernier seau ? »

La voix divine reprit alors : « Alors toi aussi, Georges, tu es pressé, tu es athée ? Eh bien non, la vision s’arrêtera là. Pour que les hommes sachent bien que Grenouille a d’autres révélations qui concernent l’humanité, et qu’elle les révélera quand il lui plaira. Il appartient à l’homme de définir sa propre voie dans le respect des voies de Grenouille et des lois données antérieurement. Non, tu n'auras pas le privilège d'ouvrir le septième seau, il restera, pour un temps encore, un mystère. Allez Batraxos, on remballe ! »

Sur ces mots, Batraxos fit disparaître les seaux les uns après les autres, d'abord le premier, puis le deuxième, jusqu'au septième que je regardais disparaître avec une pointe d'amertume et de tristesse ; il me lança alors : « Dépêche-toi donc de tout noter, homme peu efficace, dans quelques minutes, je récupère l’écritoire et le calame. » Batraxos disparut alors, ainsi que le nénuphar géant et le trône qui était dessus, comme ils étaient apparus.

Conclusion Courte

L’esprit encore engourdi par la vision, mais agréablement ragaillardi par une gorgée de mon précieux liquide pour clairvoyant, j’achevais d’écrire aussi vite que je le pouvais. Je pensais d’abord à écrire à la fin du dernier nénuphar séché les précautions d’usage, histoire de décourager les mécréants.

À celui qui rajoutera ou retranchera quelque chose à ce texte, on lui arrachera les yeux pour les donner aux araignées d’eau et on lui prendra les viscères pour les donner aux brochets.

Mais moi, Georges, prophète de Grenouille, je sais que de tels avertissements sont inopérants pour un texte laissé sur un wiki.

De cette vision que me restera-t-il ? Une canne à pêche abîmée, quelques oboles de moins dans ma bourse, un litre de vin rouge déjà bien entamé, quelques notes supplémentaires sur des feuilles de nénuphar séché, et une histoire à peine croyable qui allait assurément permettre de séparer les vrais croyants des mécréants. Je résolus alors, en homme sage, de finir ma sieste sous le saule, en attendant de porter la vision à la connaissance de l’humanité. C’est alors que l’écritoire et le calame s’évanouirent à leur tour, mais également ma bouteille de vin du Rhône.

Batraxos ! Espèce de salaud !


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