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Tactiques d'anti-prosylétisme

Cette article illustre d'abord des erreurs typiques qui surgissent lorsqu'un athée et confronté à un croyant. Puis, l'article va puiser dans différents sites de prosylétisme et en faire ressortir les tactiques principales, qui seront analysées critiqment. Des tactiques inverses seront proposées.

Les erreurs typiques de l'athée face à un croyant prosélyte

  • Être choqué, méprisant ou condescendant. Ça ne mènera à rien. Aussi bien changer de sujet. Pour confronter, il faut amener le croyant à déballer ses croyances, pas se le mettre à dos.
  • Frapper dans le vide. Si vous reprochez à un protestant des dogmes catholiques (je vois ça souvent) vous n'êtes pas en train de convaincre personne. Avant de critiquer quelque chose, il faut savoir de quoi on parle.
  • Laisser le croyant assumer des choses par rapport à vous, à votre vie, à vos valeurs, concernant la science, etc. Ne prenez jamais une supposition comme un argument, demandez toujours ce que le croyant entend par là, et s'il se trompe corrigez-le. Demandez lui pourquoi il dit ça, comment il est parvenu à cette conclusion, d'où il tient cette information, etc.
  • Prendre une métaphore ou un dicton pour un argument. Les prosélytes ont plein de phrases toutes faites qui sont impresionnantes sur le coup mais ne veulent rien dire. Souvent, ils vont aussi jouer sur les mots. Ne soyez pas dupes, exigez des explications claires et des termes bien définis.
  • Ignorer vos émotions. Ne jouez pas l'athée rationnel à 100% qui est bien au-dessus de ses sentiments. Si votre interlocuteur vous frustre, si vous trouvez une doctrine injuste, ainsi de suite, faites le savoir. Montrez que vous aussi avez des opinions fortes.

Quelques tactiques prosélytes

Ces tactiques sont souvent des petites énigmes pré-programmées visant à amener l'interlocuteur à un point précis. Il peut être très amusant de faire dévier le croyant de son script.

Tactique de peur

Le croyant commence par aborder différents sujets d'actualité. La conversation en arrive rapidement à des catastrophes qui ont eu lieu dernièrement, une guerre ou encore un crime atroce qui a fait la une des journaux. Le croyant amène ensuite la discussion sur la déchéance du monde, la souffrance, la perte des valeurs de la société, etc. La voie est ensuite pavée pour une scéance de prosylétisme.

Réponses possible:

  • Le fait que les choses vont mal actuellement n'est pas un argument valable.
  • On croit souvent que les choses empirent, mais rien ne le démontre réellement.
  • Avoir des valeurs n'implique pas avoir la foi.

Cause première, téléologie, etc.

Le croyant invoque l'argument de la cause première, arguant qu'il faut "bien quelque chose" avant le Big bang. Bien entendu, c'est Dieu. Emphase mise sur "le hasard" par opposition à "l'harmonie dans la nature".

Réponses possible:

  • Ce n'est pas parce qu'on ne comprend pas quelque chose qu'il faut supposer que c'est surnaturel. Avant on ignorait ce qu'était la foudre donc on croyait que c'était des esprits.
  • Il n'y a pas réellement d'harmonie dans la nature. L'harmonie supposée par la religion repose sur un critère subjectif et anthropocentriste.
  • La nature ne fonctionne pas au hasard.
  • Voir Preuves de l'existence de Dieu, Kant Preuves.

Impossibilité de l'athéisme

Le croyant s'imagine que l'athée est celui qui affirme (avec une certitude parfaite) que Dieu n'existe pas. Il demandera à l'athée, par exemple, comment il fait pour savoir que Dieu n'existe pas. Une variante: demander si, selon l'athée, c'est une opinion ou un fait que Dieu n'existe pas.

Réponses possible:

  • Je n'ai aucune certitude par rapport à l'inexistence de Dieu, et ça m'est égal. Comme je n'ai aucune raison de croire, alors je ne crois pas.
  • Explique moi pourquoi tu ne crois pas en Thor, Odin ou Zeus. Comment peux-tu être certain que ces dieux n'existent pas?
  • Je sais que les dieux mis de l'avant par les religions sont imaginaires. Je ne prétend pas tout savoir, mais jusqu'à présent je suis athée concernant tous les dieux qu'il m'a été possible de considérer.

L'origine du mal

Le croyant va ici demander s'il y a du mal dans le monde. Il va ensuite poursuivre en demandant selon quels standards l'athée considère que ces choses sont mauvaises. L'athée se retrouve donc avec tout le travail de donner une conception cohérente de l'éthique.

Réponses possibles:

  • Indiquer que c'est un sophisme, un argument par l'ignorance. Ne pas pouvoir expliquer le mal ne veut pas dire que Dieu existe, de même ne pas comprendre ce qui cause la foudre ne veut pas dire que Zeus existe.
  • Puisqu'il est, de toutes façons, impossible de connaitre le bien et le mal dans l'absolu, alors la référence à une notion absolue (Dieu) est inutile.
  • Si Dieu a déterminé ce qui est bien et mal, à partir de quels critères a-t-il établi son jugement? A-t-il arbitrairement décidé que mentir est mal? Si oui, alors la moralité n'existe pas réellement. Si non, alors la moralité est autonome par rapport à Dieu. Pour plus d'explications, voir Problème d'Euthyphron?.

Si l'athée avance que "si Dieu existait, il n'y aurait pas de mal", le croyant rétorquera que sans le mal il ne pourrait y avoir de libre arbitre, puisqu'on ne pourrait pas décider de faire le bien ou le mal.

Réponses possibles:

  • Rien ne démontre que le libre-arbitre existe effectivement. C'est un faux problème.
  • Il pourrait y avoir un libre-arbitre sans mal. Dieu aurait pu faire en sorte que, bien que libres, nous choisissions presque toujours le bien. Par exemple, rares sont ceux qui choisissent de tuer des gens gratuitement. Dieu aurait pu faire en sorte qu'on considère le mensonge au même titre que le meutre.
  • Selon les chrétiens, au paradis les croyants seront libres, et pourtant il n'y aura pas de mal. Par conséquent, il est contradictoire pour un chrétien d'affirmer que le mal est nécessaire au libre-arbitre.




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