Contradictions bibliques
1. Quand la Bible se cite elle-même
Matthieu se trompe entre Jérémie et Zacharie
Matthieu, parlant de Judas l'Iscariote qui vend Jésus pour 30 pièces d'argent:
Matthieu 2:17 Alors fut accompli ce qui a été dit par Jérémie le prophète Matthieu 27:9 Alors s`accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète: Ils ont pris les trente pièces d`argent, la valeur de celui qui a été estimé, qu'on a estimé de la part des enfants d'Israël;
Mais en fait Jérémie ne parle jamais de trente pièces d'argent, c'est plutôt Zacharie:
Zacharie 11:13 Et l’Eternel me dit, Jette–le au potier, ce prix magnifique auquel j’ai été estimé par eux. Et je pris les trente pièces d‘argent, et je les jetai au potier, dans la maison de l’Eternel.
Tentatives pour rationaliser cette erreur.
(tiré de infidels.org)
- Une première solution serait d'affirmer que Matthieu citait "de mémoire" et s'est simplement fourvoyé, comme cela nous arrive à tous (Saint Augustin soutenait cette hypothèse). Le problème est que ce bref égarement se reproduit également dans Matthieu 27:9! Il est assez difficile d'admettre qu'il aurait fait exactement la même erreur (assez considérable tout de même, surtout dans le contexte de l'époque) à deux reprises, dans deux parties différentes du livre! Et qu'en est-il de l'infaillibilité et de l'inspiration divine de la Bible?
- Matthieu voulait vraiment écrire "Zacharie" mais s'est trompé et a écrit "Jérémie." Aucune preuve de ça, et c'est assez ridicule pour les raisons vues ci-dessus.
- Le passage était peut-être à l'origine dans Jérémie, mais a été enlevé ou déplacé. Aucune preuve de ça. Notons que cela réfute aussi la perfection de la Bible.
- Le passage était dans un autre livre écrit par Jérémie, et non dans le texte actuellement dans la Bible, ce qui insinue que la Bible serait incomplète et, de toute façon, n'a jamais été prouvé. Il n'y a aucune trace de ce livre perdu.
- Lorque Matthieu écrivait "Jérémie", il entendait par là l'ensemble des prophètes, aucune preuve de ça non plus.
- L'erreur a été mise là par le Saint-Esprit, pour que nous ne tentions pas de savoir qui a écrit les évangiles, mais plutôt que nous acceptions par la foi la vérité de la prophétie. Après tout, les prophéties sont envoyées par Dieu, même si elles sont exprimées par la bouche d'humains faillibles. Cela revient à dire "accepte sans trop de poser de question", bref un encouragement de plus à la foi aveugle
- Un commentateur aurait écrit "Jérémie" dans la marge, pour une raison ou une autre, et par erreur ça s'est glissé dans le texte. Absolument aucune preuve de ça, et cette hypothèse semble assez tirée par les cheveux.
- Autre possibilité: la prophétie est bien dans Jérémie, nous avons seulement mal regardé. Hélas, tout ouvrage de concordance biblique montrera qu'il n'y a aucune mention dans Jérémie d'achat, de champ ou de pièces d'argent. En fait, même de dire que la prophétie était dans Zacharie est une interprétation très généreuse. Le contexte et la signification du symbole n'est pas du tout la même dans les deux textes. Matthieu parle d'un mauvais prix, alors que dans Zacharie ces pièces d'argent sont vues d'un bon oeil. Plus précisément, Matthieu indique que le prix obtenu pour la vie de Jésus était dérisoire, alors que l'hébreu dans Zacharie parle plutôt d'un prix "suffisant" pour acheter quelque chose de "précieux". Si Matthieu avait vraiment voulu citer Zacharie, il aurait sûrement utilisé cette notion de "précieux" (en parlant de Jésus) au lieu de parler d'une arnaque. On se doute déjà que Matthieu ne savait pas trop de quoi il parlait.
Notre solution rationnelle
Voici ce qui, de manière plus réaliste, s'est produit. Dans une tentative de souder la Thorah à cette nouvelle somme de textes religieux, le ou les auteurs du livre de Matthieu ont tenté de créer le plus possible de liens entre les soi-disant "Ancien Testament" et "Nouveau Testament". Le but était de légitimer leur entreprise aux yeux des Juifs tout en ménageant les Grecs et les Romains, en montrant leur proto-bible comme un livre unique, un texte continu.
Un peu comme les créationnistes de nos jours, ils citaient à tort et à travers des passage de la Thorah et les interprétant à leur manière, favorable à leur doctrine bien entendu, voyant des prohéties à peu près partout. Ainsi, ils disaient en quelque sorte aux Gentils "Voyez comme la Thorah n'est pas si mal après tout, elle a annoncé notre leader!" et aux Juifs "Voyez, c'est le Messie, c'est écrit là, là et là!"
Mais, connaissant plus ou moins de quoi ils parlaient, ils se sont trompés de manière flagrante. Puisque la Bible n'existait pas alors sous sa forme actuelle (en un tome, donnant l'illusion d'un point de vue univoque) et que les textes n'ont pas été disponibles au grand public avant l'invention de l'imprimerie, plus de mille ans plus tard, l'erreur s'est maintenue. (Il faut aussi saluer la capacité étonnante des croyants à tolérer les contradictions internes!)
Pour résumer: cette erreur dans le texte montre une tentative ratée de lier les textes religieux de la secte chrétienne primordiale et du judaïsme, erreur qui a persisté à cause de l'igorance, fortuite ou délibérée.
Pierre fait l'éloge d'un criminel
Saint Pierre, dans sa grande connaissance des textes religieux, fait mention de Lot en le déclarant comme un "juste" entouré d'infidèles. En réalité, Lot a envoyé sa fille se faire violer par une masse de Sodomites qui attendaient devant sa porte. L'extrait:
s'il a condamné à la destruction et réduit en cendres les villes de Sodome et de Gomorrhe, les donnant comme exemple aux impies à venir, et s'il a délivré le juste Lot, profondément attristé de la conduite de ces hommes sans frein dans leur dissolution (car ce juste, qui habitait au milieu d'eux, tourmentait journellement son âme juste à cause de ce qu'il voyait et entendait de leurs oeuvres criminelles); le Seigneur sait délivrer de l'épreuve les hommes pieux, et réserver les injustes pour êtres punis au jour du jugement, (2 Pierre 2:6-9)
Explication
Pierre ignorait de quoi il était question dans le récit Biblique, et mentionne Lot simplement en tant que personnage de la tradition orale. Ou peut-être Pierre avait-il un faible pour les viols collectifs.
Backlinks: | Le christianisme réfuté | Réponses brèves aux arguments chrétiens
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