Contradictions bibliques
Bien que de nombreux chrétiens admettent que la bible est parole d'hommes et non parole de Dieu, plusieurs littéralistes s'imaginent encore que la bible ne renferme aucune erreur ni contradiction.
En réalité, la bible contient des centaines de contradictions. Nous en exposerons quelques unes sur cette page.
1. Quand la Bible se cite elle-même
Quand les auteurs du Nouveau Testament tentent de lier leur proto-christianisme aux textes sacrés de la religion juive, le désastre en découle à tout coup. Du moins, c'est un désastre pour les littéralistes?, et une constante source d'hilarité pour les sceptiques!
Matthieu cite Jérémie hors contexte
Dans Matthieu 2:16-18, on peut lire:
Alors Hérode, voyant qu'il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléhem et dans tout son territoire, selon la date dont il s'était soigneusement enquis auprès des mages. Alors s'accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète: On a entendu des cris à Rama, Des pleurs et de grandes lamentations: Rachel pleure ses enfants, Et n'a pas voulu être consolée, Parce qu'ils ne sont plus.
Selon l'auteur de ces lignes, Jérémie aurait annoncé le massacre d'enfants. Or, le passage dans Jérémie dit tout autre chose. Le voici, dans son contexte:
Alors les jeunes filles se réjouiront à la danse, Les jeunes hommes et les vieillards se réjouiront aussi; Je changerai leur deuil en allégresse, et je les consolerai ; Je leur donnerai de la joie après leurs chagrins. (...)
Ainsi parle l'Eternel : On entend des cris à Rama, Des lamentations , des larmes amères; Rachel pleure ses enfants; Elle refuse d'être consolée sur ses enfants, Car ils ne sont plus.
Ainsi parle l'Eternel : Retiens tes pleurs , Retiens les larmes de tes yeux; Car il y aura un salaire pour tes oeuvres, dit l'Eternel; Ils reviendront du pays de l'ennemi. Il y a de l'espérance pour ton avenir, dit l'Eternel; Tes enfants reviendront dans leur territoire.
Les contradictions sont ici multiples. Matthieu parle de nouveaux-nés tués par le roi dans l'espoir d'éliminer le messie. Jérémie parle plutôt d'adolescents partis à la guerre et qui reviendront bientôt. L'ambiance générale de ce passage de Jérémie est à la réjouissance, alors que Matthieu parle carrément d'un atroce infanticide.
On voit bien que le passage dans Jérémie indique que les mères n'ont pas raison de craindre que leur enfant périsse, puisqu'il leur sera rendu. Le ou les auteurs de l'évangile selon Matthieu ont cité ce passage hors-contexte, simplement car il mentionnait la mort (possible) d'enfants.
Matthieu se trompe entre Jérémie et Zacharie
Matthieu, parlant de Judas l'Iscariote qui vend Jésus pour 30 pièces d'argent:
"Alors fut accompli ce qui a été dit par Jérémie le prophète" (Matthieu 2:17)
Et, un peu plus loin:
"Alors s`accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète: Ils ont pris les trente pièces d`argent, la valeur de celui qui a été estimé, qu'on a estimé de la part des enfants d'Israël" (Matthieu 27:9)
Or Matthieu se trompe dans sa citation puisque le passage cité ne se retrouve pas dans le livre de Jérémie. En fait, Jérémie ne parle jamais de trente pièces d'argent, c'est plutôt Zacharie qui mentionne cela:
"Et l'Eternel me dit, Jette-le au potier, ce prix magnifique auquel j'ai été estimé par eux. Et je pris les trente pièces d'argent, et je les jetai au potier, dans la maison de l'Eternel." (Zacharie 11:13)
Il est certes mention de l'achat d'un champ dans Jérémie, mais le contexte est tout autre:
32:6 Et Jérémie dit: La parole de l'Éternel vint à moi, disant: Voici, Hanameël, fils de Shallum ton oncle, vient vers toi, disant: Achète-toi mon champ qui est à Anathoth, car le droit de rachat est à toi pour l'acheter. Et Hanameël, fils de mon oncle, vint vers moi, selon la parole de l'Éternel, dans la cour de la prison, et me dit: Achète, je te prie, mon champ qui est à Anathoth, dans le pays de Benjamin, car à toi est le droit d'héritage, et à toi le rachat: achète-le pour toi. Et je connus que c'était la parole de l'Éternel. Et j'achetai de Hanameël, fils de mon oncle, le champ qui est à Anathoth; et je lui pesai l'argent, dix-sept sicles d'argent; (emphase ajoutée)
Dans le contexte, on voit que le champ est une aubaine en raison d'un privilège que possède le personnage Hanameël. L'achat de ce champ est considéré comme tout à fait légitime. En revanche, le contexte du Nouveau Testament est que Judas achète un champ avec l'argent gagné pour avoir livré Jésus. C'est dans ce champ qu'il se pend ensuite (ou s'éventre, ou les deux... les récits sont contradictoires à ce sujet également...)
Par ailleurs, le prix d'achat est de 17 sicles d'argent dans Jérémie, alors que Matthieu parle de 30 pièces d'argent, allant jusqu'à citer Jérémie en train de parler de cette somme.
On voit donc que le lien entre Jérémie et Matthieu est tout à fait factice.
Tentatives pour rationaliser cette erreur.
(tiré de infidels.org)
Un littéraliste pourrait envisager diverses manières d'expliquer cette contradiction. Nous en proposons quelques unes ici-même.
- Une première solution serait d'affirmer que Matthieu citait "de mémoire" et s'est simplement fourvoyé, comme cela nous arrive à tous (Saint Augustin soutenait cette hypothèse). Le problème est que ce bref égarement se reproduit également dans Matthieu 27:9! Il est assez difficile d'admettre qu'il aurait fait exactement la même erreur (assez considérable tout de même, surtout dans le contexte de l'époque) à deux reprises, dans deux parties différentes du livre! Et qu'en est-il de l'infaillibilité et de l'inspiration divine de la Bible?
- La prophétie est bien dans Jérémie, nous avons seulement mal regardé. Hélas, tout ouvrage de concordance biblique montrera qu’il n’y a aucune mention dans Jérémie d’achat d’un champ pour trente pièces d’argent (c’est de dix-sept pièces dont il est question, et le contexte n’est pas du tout le même, voir plus bas).
- Matthieu faisait bien allusion au texte de Jérémie mais, sous l’influence du livre de Zacharie, a écrit “trente pièces d’argent” au lieux de dix-sept. Cependant, Matthieu cite (ou fait mine de citer) un prophète concernant la somme d’argent, et non le champ que le montant a servi à acheter. L’accent est mis sur la somme: trente pièces, pas dix-sept. Autrement dit, cette explication n’a du sens qu’en admettant que “Matthieu” s’est trompé d’une manière ou d’une autre. Comme il faut, pour réconcilier les textes, admettre qu’il y a eu erreur, alors on doit admettre que la Bible n’est pas infaillible.
- Une autre possibilité est que le ou les auteurs de Matthieu (ou un scribe retranscrivant le livre) s’est trompé et a écrit Jérémie au lieu de Zacharie. Or, même de dire que la prophétie était dans Zacharie est une interprétation très généreuse. Le contexte et la signification du symbole n’est pas du tout la même dans les deux textes. Matthieu parle d’un mauvais prix, alors que dans Zacharie ces pièces d’argent sont vues d’un bon oeil. Plus précisément, Matthieu indique que le prix obtenu pour la vie de Jésus était dérisoire, alors que l’hébreu dans Zacharie parle plutôt d’un prix “suffisant” pour acheter quelque chose de “précieux”. Si Matthieu avait vraiment voulu citer Zacharie, il aurait sûrement utilisé cette notion de “précieux” (en parlant de Jésus) au lieu de parler d’une arnaque. On se doute déjà que Matthieu ne savait pas trop de quoi il parlait.
- Le passage était peut-être à l'origine dans Jérémie, mais a été enlevé ou déplacé. ou bien Le passage était dans un autre livre écrit par Jérémie, et non dans le texte actuellement dans la Bible. Ces affirmations demeurent sans preuves. De plus, elles soutiennent justement notre point: la Bible n'est pas parfaite.
- Lorque Matthieu écrivait "Jérémie", il entendait par là l'ensemble des prophètes, aucune preuve de ça non plus.
- Pourquoi pas: L'erreur a été mise là par le Saint-Esprit, pour que nous ne tentions pas de savoir qui a écrit les évangiles, mais plutôt que nous acceptions par la foi la vérité de la prophétie. Après tout, les prophéties sont envoyées par Dieu, même si elles sont exprimées par la bouche d'humains faillibles. Cela revient à dire "accepte sans trop de poser de question", bref un encouragement de plus à la foi aveugle
- Un commentateur aurait écrit "Jérémie" dans la marge, pour une raison ou une autre, et par erreur ça s'est glissé dans le texte. Absolument aucune preuve de ça, et cette hypothèse semble assez tirée par les cheveux.
- Il n'y a pas erreur, Matthieu cite Jérémie 32:25, puisqu'il y est question de l'achat d'un champ. Il faudrait alors expliquer pourquoi Matthieu dit que le champ a été acheté pour trente pièces d'argent, tel que prédit par le prophète Jérémie (la somme mentionnée dans Jérémie est de dix-sept pièces, voir plus haut.)
Une solution rationnelle
Voici ce qui, de manière plus réaliste, s'est produit. Dans une tentative de souder la Thorah à cette nouvelle somme de textes religieux, le ou les auteurs du livre de Matthieu ont tenté de créer le plus possible de liens entre les soi-disant "Ancien Testament" et "Nouveau Testament". Le but était de légitimer leur entreprise aux yeux des Juifs tout en ménageant les Grecs et les Romains, en montrant leur proto-bible comme un livre unique, un texte continu.
Ce faisant, ils citaient à tort et à travers des passage des textes sacrés juifs et les interprétant à leur manière, favorable à leur doctrine bien entendu, imaginant des prophéties à peu près partout. Un équivalent moderne serait de dire que Tintin a prédit les massacres au Congo, puisqu'il a après tout déjà mentionné le Congo.
Pour résumer: cette erreur dans le texte montre une tentative ratée de lier les textes religieux de la secte chrétienne primordiale et du judaïsme, erreur qui a persisté à cause de l'igorance, fortuite ou délibérée.
Pierre fait l'éloge d'un criminel
Saint Pierre fait mention de Lot, le neveu d'Abraham, en le déclarant comme un "juste" entouré d'infidèles. En réalité, Lot a envoyé sa fille se faire violer par une foule en colère qui attendaient devant sa porte, le tout afin de protéger des anges (!) qui le visitaient à ce moment là. L'extrait de Genèse 19:
Voici, j’ai deux filles qui n’ont point connu d’homme ; je vous les amènerai dehors, et vous leur ferez ce qu’il vous plaira. Seulement, ne faites rien à ces hommes puisqu’ils sont venus à l’ombre de mon toit.
Et Pierre d'aprouver le comportement de Lot en le considérant comme "juste": s'il a condamné à la destruction et réduit en cendres les villes de Sodome et de Gomorrhe, les donnant comme exemple aux impies à venir, et s'il a délivré le juste Lot, profondément attristé de la conduite de ces hommes sans frein dans leur dissolution (car ce juste, qui habitait au milieu d'eux, tourmentait journellement son âme juste à cause de ce qu'il voyait et entendait de leurs oeuvres criminelles); le Seigneur sait délivrer de l'épreuve les hommes pieux, et réserver les injustes pour êtres punis au jour du jugement, (2 Pierre 2:6-9)
Analyse
Dans le contexte, Pierre veut montrer que les hérétiques et impies seront détruits alors que les bons seront sauvés par Dieu même s'ils vivent au milieu d'impies. Cette comparaison "bon/méchant" est très présente dans 2 Pierre. Au chap. 2, les faux prophètes sont d'abord abordés, et il est mis au clair que Dieu les punira. Pierre compare ensuite ses correspondants à Noé au temps du déluge, et à Lot versus les Sodomites. En gros, le message est simple: les bons vont au ciel et les méchants en enfer.
On en retient deux choses: 1) Pierre considère donc le mythe de la destruction de Sodome comme un fait réel. 2) Il estime par ailleurs que le personnage de Lot est une personne vertueuse, malgré le fait que Lot ait livré ses filles aux sodomites. Dans sa dichotomie bien/mal, Lot se range du côté des bons.
Jésus... ou Immanuel?
Un autre exemple d'usage désastreux du Tanak juif est la référence Ésaïe 7 dans Matthieu 1:22-23. Les chrétiens lisent dans Ésaïe une prophétie annonçant la venue du Christ. Mais cette lecture est incorrecte. Matthieu prend un verset (Ésaïe 7:14) hors-contexte dans le but de lier (une fois de plus) le récit de Jésus au Tanak Juif. Voici le verset en question:
C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, Et elle lui donnera le nom d'Emmanuel.
Mais cette prophétie formulée par Ésaïe est donnée au roi Achaz, qui devait voir dans cette naissance un bon présage. Cet Emmanuel n'est pas le Jésus décrit dans le Nouveau Testament.
Voici quelques raisons montrant que l'interprétation chrétienne est fausse:
- L'enfant doit avoir pour nom Emmanuel, et non Jésus. Le nom Jésus ne se trouve nul part dans cette soi-disant prophétie.
- Dans, Ésaïe 7:15, on lit que le joug qui pèse sur le royaume ne sera pas enlevé tant que l'enfant n'aura pas appris à discerner le bien du mal. Sa naissance est simplement le signe que les juifs seront libérés dans quelques années.
- Rien n'indique que le messie est lui-même cet Emmanuel, qui pourrait n'être qu'un signe de la libération future du peuple.
- Rien dans ce passage ne parle d'une vierge. On parle plutôt d'une jeune fille. Certaines traductions emploient - à tort - le terme "vierge", mais il s'agit d'un ajout ultérieur.
2. Contradictions dans l'Ancien Testament
David et Goliath
Le roi David a-t-il tué Goliath avec sa célèbre fronde, ou avec une épée? En fait, l'a-t-il vraiment tué, ou ne s'est-il pas plutôt attribué le succès de l'un de ses amis?
Comment Goliath est-il mort?
Premièrement, concernant le mode de mise à mort, la bible affirme d'abord que c'était avec une fronde, et que David n'a pas employé d'épée. Mais, surprise: le verset suivant affirme exactement le contraire! Comparons:
| 1 Samuel 17:49-50 | 1 Samuel 17:51 |
| Il mit la main dans sa gibecière, y prit une pierre, et la lança avec sa fronde; il frappa le Philistin au front, et la pierre s'enfonça dans le front du Philistin, qui tomba le visage contre terre. Ainsi, avec une fronde et une pierre, David fut plus fort que le Philistin; il le terrassa et lui ôta la vie, sans avoir d'épée à la main. | Il courut, s'arrêta près du Philistin, se saisit de son épée qu'il tira du fourreau, le tua et lui coupa la tête. Les Philistins, voyant que leur héros était mort, prirent la fuite. |
Selon le premier passage, Goliath est mort sur le coup. Toutefois, immédiatement après, on indique qu'il est seulement tombé à la renverse, et que David l'a achevé à l'épée. Certains tentent d'expliquer cette contradiction en affirmant que l'auteur voulait faire un effet stylistique (source) mais il demeure que la Bible n'est pas littéralement vraie, et ne peut être la "parole de Dieu".
Qui a tué Goliath?
Deuxièmement, la bible est contradictoire concernant le fait que David ait ou non tué lui-même Goliath. Considérons de plus 2 Samuel 21:19, qui nous dit:
"Il y eut encore une bataille à Gob avec les Philistins. Et Elchanan, fils de Jaaré Oreguim, de Bethléhem, tua Goliath de Gath, qui avait une lance dont le bois était comme une ensouple de tisserand." (Trad. Louis-Segond)
Selon cet autre récit, manifestement d'une source originelle différente, il est affirmé que Goliath n'a pas été tué par David, mais par Elchanan, un des serviteurs de David.
Backlinks: | Preuves de l'existence de Dieu | Le christianisme réfuté | Réponses brèves aux arguments chrétiens
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